La Comédie de Ferney

Jeux de Scène (Avril 2010)

De Victor Haïm

Vendredi 19 20h30
Samedi 20 20h30
Dimanche 21 17h00
Mercredi 24 20h30
Jeudi 25 20h30
Vendredi 26 20h30
Samedi 27 20h30
Dimanche 28 17h00
Mercredi 31 20h30
Jeudi 1 20h30
Tarif normal 15 €
Tarif membres 10 €
Par la Compagnie Thalie
Du mercredi au samedi à 20h30, les dimanches à 17h00, relâche les lundis et mardis.

Mise en scène: Victor Haïm
Avec: Marie-Laure Berchtold et Annick Gambotti
Technique: Adrien Laneau

JEUX DE SCENE est une comédie.
Le metteur en scène le sait.
Les spectateurs vont le voir.
Les comédiennes ne s'en rendent pas compte... ou plutôt ne montrent jamais qu'elles en sont conscientes. En fait, elles savent qu'elles jouent une comédie bien sûr, mais plus elles vont être authentiques, réalistes, sérieuses, plus elles vont susciter le rire. C'est une des règles de base du comique. Celui qui vous fait rire est l'objet d'un aléa, d'un accident ou même d'une catastrophe, mais il ne sait pas qu'il est regardé. Donc ce qui le contrarie ou le désole peut faire s'esclaffer celui qui le regarde. L'essentiel est par conséquent de diriger les actrices dans un climat de tension dilué au milieu des amabilités sucrées dont personne n'est dupe. Les regards, les déplacements, les hésitations et les silences sont régis par cet impératif de sérieux...qui déclenche l'hilarité. Il faut pour interpréter Hortense et Gertrude de la dextérité, de la vérité dans le jeu et l'implication constante que requiert un duo. Et quel duo! Deux lionnes qui s'aiment et se haïssent sur ce champ de bataille qu'est un théâtre quelques semaines avant la répétition générale, ce fameux jour où semble se jouer leur avenir... ni plus ni moins! Une belle gageure à tenir.

On dit: jamais deux sans trois… En l’occurrence je puis dire: jamais trois sans quatre! C’est en effet la quatrième fois que j’ai le plaisir d’être invité par la compagnie Thalie dont la renommée, je l’ai constaté, a fini par s’étendre au-delà de Ferney-Voltaire. On ne parle pas seulement de l’accueil -toujours chaleureux et courtois- d’Annick Gambotti, on se réjouit de se mouvoir dans un climat de passion pour cet art de la scène qui va de la découverte de textes à la réalisation de spectacles où se conjuguent exigence et rigueur.
« La valse du hasard » a inauguré ma collaboration avec Thalie. La directrice joua cette pièce, créée à Paris en 1986 par Andréa Ferréol et Fabrice Luchini. Puis ce fut en 1992, « Les fantasmes du boucher ». En 1998, j’ai monté ici « la visite » et en 2003 une reprise de « la valse du hasard » où brillèrent Annick Gambotti et son partenaire Philippe Turchet.
Voici donc, à La Comédie de Ferney, ma comédie « Jeux de scène » qui me valut en 2003 le Molière du meilleur auteur francophone vivant.
Deux femmes qui s’aiment et se déchirent en utilisant les armes de destruction massive que constituent les phrases assassines, les vacheries gracieuses, les sourires empoisonnés et la sirupeuse hypocrisie dans laquelle surnagent les rancoeurs et les passions.
Il faut pour animer ce duel à couteaux tirés, des actrices à la fois virtuoses, séduisantes et… drôles. Annick Gambotti et Marie-Laure Berchtold m’ont fait un réel cadeau sans prendre conscience qu’elles me procuraient un authentique plaisir: s’amuser elles-mêmes en adhérant à ma comédie malicieuse. Elles ont puisé dans leur sensibilité, dans leur enthousiasme et dans leur expérience tout ce qu’il faut de force, de fantaisie et de rouerie pour assumer le « désopilant désastre » que propose « Jeux de scène »
Victor Haïm