mise en scène Michel Cochet
avec Pierre Forest
scénographie / costumes Joëlle Bondil
lumières / régie Lionel Mahé
Coup de coeur de la Comédie de Ferney, ce spectacle remarquable tant par son texte, sa mise en scène et l'interprétation merveilleuse qu'en donne le comédien Pierre Forest, a fait l'unanimité au festival d'Avignon 2002 et 2004 ainsi qu'au théâtre du Rond-Point à Paris.
La pièce:
Et si comme le lui avait prédit la Bible, Abraham disposait de l’éternité pour compter et veiller sur sa progéniture jusqu’au jour où elle deviendra plus nombreuse que les étoiles du ciel ?
Je le vois aujourd’hui debout à Hébron, dans le caveau des Patriarches que se partagent une synagogue, une chapelle et une mosquée.
Il lit les lettres que lui envoient ses enfants des quatre coins du globe, prêtant oreille à tout ce qui vit à travers le monde, l’humanité qu’il a engendrée, en même temps qu’il revient sur sa vie.
Il nous raconte, à nous ses enfants, comment il a découvert Dieu, comment il a inventé l’exil en quittant Ur, combien il a rêvé de terres promises et connu de désillusions, ses descentes en Egypte et ses errances dans le désert, son attente angoissée d’un enfant et ses recherches d’amour, ses efforts pour sauver Sodome et Gomorrhe de l’anéantissement, la naissance d’Ismaël et celle d’Isaac. Il revient sur l’épisode du sacrifice et nous confie comment il a failli tuer son fils pour ne pas décevoir Dieu.
A ses côtés, il y l’ombre de Sarah son amour et sa compagne d’exils et de ses quêtes. Sarah, femme auteur du premier éclat de rire dans la Bible, et qui depuis trois mille ans, n’arrête pas de nous répéter : “ Mes enfants, si les religieux vous ennuient un jour, n’hésitez pas à chatouiller le Seigneur, il se roulera par terre avec vous”.
Mohamed Kacimi
L’Abraham de Mohamed Kacimi est un être de chair, plutôt jeune, échappant par là même à son propre mythe. Il nous apparaît dans un tombeau à ciel ouvert, habité par sa mémoire et celle de Sarah… Au delà des dogmes et des religions, il nous emmène vers un endroit de souche commune, une humanité brute, faite de croyance et de colère, d’irrévérence et de question….
Avec Pierre Forest, nous avons tenté d’utiliser le théâtre et le conte, les conventions les plus ludiques et l’intimité la plus directe pour investir cette confession dans ce qu’elle a de sensible et de contemporain.
Michel Cochet
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